Tout passe par Toulouse

Jerome Marty

Jerome Marty

Tout passe par Toulouse, pas d’autre issue, l’avenir est là ; il nous tend les bras. Tout passe par Toulouse, comment pourrait-il en être autrement ?
Les négociations conventionnelles se poursuivent ; après la phase de présentation, vont débuter les tractations. L’union syndicale a tenu alors que les pistolets à bouchon étaient sortis, maintenant que débute la vraie partie, elle pourrait se rompre sur les discussions de couloirs et les accords du soir.
La CSMF propose un tarif du C gradué de 1 à 4 de 25 à 75 euros, vieille proposition (le C1 C2 C3, modernisé par l’ajout d’un….. C4), d’autres syndicats proposant la moyenne européenne (50 euros), la CSMF joue l’effet d’annonce : regardez on demande plus ! Mais n’obtiendra …rien.

L’ONDAM est par le fait du prince à 1,75 (il devait être à 1,9 taux déjà historiquement le plus bas en 2016 après avoir été à 2,0 en 2015 et 2,1 en 2014) il est annoncé à 1,65 en 2017, il ne peut donc pas y avoir d’augmentation tarifaire dans la configuration actuelle de lien rémunération-ONDAM. Ou minime …Et c’est pour cela que la CSMF, comme MG France, demande tout de même 25 euros…
Ils obtiendront 24 euros. Mis en place courant 2017 (Légalement l’augmentation tarifaire obtenue en négociation conventionnelle nécessite 9 mois pour être mise en place), ils parlent pourtant de 25 euros immédiatement, mensonge par omission sans doute…Reprenons, 24 euros donc en 2017, et 25 euros 1 an plus tard sous réserve de respect de l’ONDAM (1,65 %) et des indicateurs que Gentil Nicolas Revel, avec la complicité des syndicats signataires, n’aura pas manqué de lier à la perception de cette immense victoire tarifaire…Le reste NADA !
Il est bon à cet instant de remarquer que lors de la phase de discussions conventionnelles (que nous venons de vivre, vous savez, ce moment où les syndicats et l’assurance maladie discutent et se lancent des propositions qui n’engagent à rien, produisent des articles et donnent aux leaders syndicaux des airs de puissance leur permettant d’étalonner ainsi la hauteur de l’abandon afin de pouvoir déclarer à la profession qu’ils ont limité les risques, par ex : « nous avons obtenu 25 euros sur 1 an et de nouveaux critères de ROSP, il fallait signer afin de mettre fin à une iniquité de traitement et permettre à de nombreux confrères de faire face à de lourdes difficultés économiques, nous appelons de nos vœux de nouvelles négociations avec le prochain gouvernement quel qu’il soit » En gros ce pourrait être ce type de déclarations …J’exagère ?
Rappelez-vous l’avenant 8 : que nous disaient-ils alors ? D’un côté MG France visait clairement le S2 qu’il fallait abolir, de l’autre la CSMF déclarait : « il fallait signer sinon il y aurait eu une loi, nous avons sauvé le S2 !!! »
Ils ont vraiment dit ça, je vous assure ! L’avenant 8 a amené le CAS, qui a permis :
• le premier réseau de remboursement différencié : les organismes collecteurs (complémentaires) écrivent à leurs affiliés en leur indiquant les médecins signataires du CAS,
• une campagne manipulatoire désignant comme escrocs les médecins en S2 (souvenez-vous : les pratiques tarifaires excessives) qui a duré deux ans et contre laquelle la CSMF comme MGF n’ont pas bougé une oreille.
• Une victoire pour Marisol Touraine
• La loi de Santé, logique continuation de cette attaque validée par les signataires MGF et CSMF avec notamment le SPH Secteur Public Hospitalier dont les établissements privés  seraient exclus si ils avaient ne serait-ce qu’un praticien exerçant en S2 en leurs murs (curieusement il faudra attendre 2015 pour que la CSMF commence à parler du SPH).

Soyons plus précis encore : la CSMF a fait plus que porter le CAS, elle en a revendiqué la paternité. J’entends encore JF Rey, ex-président de l’UMESPE, s’exclamer : « c’est la suite logique du secteur optionnel que nous appelons de nos vœux depuis si longtemps, le CAS c’est notre enfant ».
Bien sûr le SML a signé l’avenant 8 à l’époque, mais le SML a depuis changé de président et s’est libéré de l’influence de la CSMF ;  quant à la FMF, elle a signé l’avenant 11 qui permit la mise en place de l’avenant 8 et du CAS en levant l’obstacle du nombre de signataires nécessaires à sa validation (l’UFML avait envoyé un huissier à la CNAM pour obtenir ce chiffre que nous savions trop faible et que la CSMF et MGF masquaient avec la CNAM ). JP Hamon s’en est expliqué …
A cet instant, vous pouvez vous dire : « soyons unis, avançons » ….Oui soyons unis, avec les médecins, avec les soignants, mais sans ignorer cette infamie …je poursuis…
L’avenant 8 et le CAS ont ouvert la boîte de Pandore d’un état surpuissant et de médecins aux ordres, une caporalisation de la médecine qui avait débuté par la mise en place du P4P devenu ROSP porté là encore par …la CSMF et MGF et par la loi HPST qui installera le pouvoir profondément délétère et chaque jour plus puissant des ARH puis des ARS. ( Les syndicats, et en particulier la CSMF – suis désolé, ce n’est en rien une fixation, c’est la réalité – nous disent avoir obtenu la castration de la loi HPST de haute lutte par la loi Fourcade…Bullshit, ils n’ont pas plus obtenu qu’ils n’ont lutté et le paysage sanitaire a été marqué à jamais, par leur défaite et leur incapacité à prévoir …Je pense à cet instant au travail de Didier Legeais, qui, à l’époque, était le seul à prévenir des dangers de HPST et de ses conséquences…).
Si je fais ce rappel historique, c’est parce que la proposition de la CSMF d’un C gradué est profondément symbolique, elle est le reflet de l’abandon de la lutte et de l’acceptation du cadre dans lequel les responsables politiques veulent que l’on évolue.
Et j’en reviens à TOULOUSE !
Alors que la loi de modernisation de la Santé se met en place chaque jour, que les SPH et les GHT -Groupements Hospitaliers de Territoires – vont consacrer le pouvoir administratif public et détruire la médecine libérale hospitalière, que le Tiers Payant Généralisé avance, que les organismes collecteurs se font plus présents pour revenir dans le jeu et développer des réseaux de soins en médecine (qu’ils installent au niveau hospitalier par des accords avec les directions), que l’ONDAM est au ras du ruisseau, que nous voyons chaque jour des confrères déplaquer, que de plus en plus de médecins ne peuvent faire face à leurs charges, qu’aucun d’entre nous ne pourra, comme le faisaient nos aînés capitaliser une vie de labeur par la vente de notre patientèle et de notre cabinet, que jamais les cotisations à nos caisses de retraites n’ont été plus fortes pour une incertitude plus grande à la percevoir, que chaque jour le médecin bashing fait rage et que nous perdons progressivement notre honneur par l’installation d’un exercice sans liberté de pratique, sans indépendance et sans secret médical… les négociations conventionnelles nous rappellent la déclaration de Jacques Chirac à Johannesbourg …La maison brûle et nous regardons ailleurs…
Alors oui ! Tout doit passer par TOULOUSE, que nos confrères syndiqués négocient, nous nous allons préparer ce mouvement unitaire qui ne pourra probablement pas être évité, nous allons préparer la reconquête. 

Nous allons nous lever encore une fois, comme nous l’avons fait en novembre dernier.
Nous allons nous lever et nous allons faire lever les professions de santé, n’ayons pas peur d’être fiers !
Nous sommes de grandes professions, nous sommes des femmes et des hommes de cœur et de valeurs, et nous valons mieux que cela.
Tout passe par Toulouse, de là doit naître la dynamique, de là doit renaître l’espérance, de là doit naître un corps qui ne cessera de grandir de mois en mois jusqu’en novembre. 

Toulouse 11 juin 2016 19 h 30 Salle Sénéchal. Venez ! Toulouse

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