Retour à l’envoyeur

Jerome Marty

Jerome MartyLa CSMF a  un journal dit « satirique informatif » qui s’appelle Virulix, le ton est censé y être ravageur et guerrier, il est en fait ridicule, enfantin.
Il est vrai que la CSMF ne connait pas réellement le combat, elle en connait les habits, les postures, mais ne connait pas l’épreuve du feu. Elle l’a connu mais je vous parle d’une époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre.
Depuis des années trônent à la tête de ce syndicat une poignée d’hommes et de femmes qui n’ont de cesse que de mimer le syndicalisme.

Sans aucune dimension, sans aucune analyse, ils suivent et s’adaptent aux réformes. Le stylo compulsif, ils signent tout, sans cesse, pour ouvrir ensuite le champ des discussions et obtenir de maigres adaptations, présentées comme autant de victoires. Ils refusent la chaise vide et siègent partout, aux côtés des tutelles quelles que soient les idées défendues, les réformes discutées; leur présence est la caution des responsables politiques et administratifs, comme leur participation est la caution de leur existence.

La CSMF depuis 20 ans n’a plus rien d’un syndicat, les élections y sont rares et à l’échelon local les responsabilités y sont souvent cooptées. Il n’y a plus d’air, plus de renouvellement, et cela explique que les idées tournent en rond.
Il n’y a plus d’analyse, plus de prospective.
Ainsi la CSMF a été incapable d’analyser la loi de santé, et c’est sur le tard que la vieille dame a fini par raccrocher les wagons des dangers du Tiers Payant en se rapprochant de Bertrand Legrand et de l’observatoire du Tiers Payant, opérant ainsi un virage à 180 degrés avec les positions jusque-là tenues.
La CSMF jusqu’à il y a quelques jours ne pipait mot sur la problématique de l’article 47, sur les données de santé, la rupture du secret médical, pas plus qu’elle ne parlait de l’article 1 et donc défendait et défend toujours l’aménagement de la loi ! La CSMF lancée dans une course électorale use donc en catastrophe des arguments et des analyses que nous lui fournissons mais elle n’en comprend pas le sens.
Un peu comme un chanteur de variété sans talent, elle connait la chanson, en fredonne les paroles, mais est incapable d’en être l’auteur et ne le sera jamais au regard des cadres nationaux qui orientent sa destinée et voudraient par là même orienter la vôtre.
Mais revenons à Virulix, ils font parler, vous le verrez, une vieille dame (la CSMF?) qui dans un petit chapitre m’étant destiné me flatte (la sénescence sans doute) et me reproche de pratiquer le Tiers Payant dans mon établissement, confondant allègrement la partie administrative d’un établissement de soin et la partie médicale…
Rappelons que cet argument a déjà été utilisé par MG France. C’est ainsi, les vieux duettistes finissent toujours par se ressembler…
Il y a 2 ans dans une émission de radio, Michel médaillé Chassang précisait d’un air entendu à un journaliste qui annonçait ma profession de médecin généraliste S1 : « et directeur de clinique, ce qui explique bien des choses… » Passons sur le ton employé qui fleurait bon la jalousie typique chez les petits bourgeois de province, pour s’arrêter sur l’argumentaire. Oui effectivement, je suis directeur d’un établissement privé indépendant de 50 lits de SSR, directeur et médecin n’en déplaise à ces responsables qui, sans doute par habitude de la moquette épaisse de l’administration, préfèrent des directeurs non médecins, des administratifs pur jus et interchangeables. C’est comme cela, c’est la loi du genre, lorsque l’on est obéisseur, la présence des maîtres rassure !
Revenons sur le Tiers Payant pratiqué dans l’établissement, comme dans toutes les structures de soins de suite, mais sans doute faut-il rappeler à la CSMF que SSR c’est le moyen séjour. La Durée Moyenne de Séjour est de 30 jours, la facture en fin de séjour n’a donc rien à voir avec 23 euros et l’on ne peut décemment demander à un patient de faire l’avance de plusieurs milliers d’euros.
Par contre les établissements sont sous la coupe des ARS et des financeurs et sont soumis, comme les pharmaciens et plus encore que les pharmaciens aux retards de paiement, ou aux erreurs réelles ou provoquées ! La démonstration du risque permanent et de l’utilisation comme arme du TPG par la tutelle y est constante.
Les dirigeants de la CSMF, incapables de saisir cela, usent donc comme le fait MGF d’une communication pour enfant de trois ans. Pour la CSMF la profession est immature et seul le premier syndicat de médecins doit s’occuper de son avenir.
La CSMF n’a pas besoin d’adhérents, construite sur le mensonge de sa puissance elle s’invente une existence et comptabilise les adhérents de syndicats verticaux qui en majorité ne savent pas cotiser à la CSMF.
Elle compte les voix aux URPS comme autant d’adhérents. Pourtant la réalité est beaucoup plus dure pour la vieille maison, qui peine à se renouveler. Il n’est qu’à voir la constitution de ses listes aux URPS pour voir que celles-ci sont constituées encore et toujours des mêmes confrères souvent présents depuis 2 ou 3 mandats.
Très peu de jeunes, très peu de femmes, la CSMF est là, comme la vieille dame de Virulix, un cabas à la main, elle n’a plus de vision d’avenir, elle se nourrit du passé, d’une histoire que ses dirigeants actuels n’ont pas construite , mais dont ils se réclament, ce n’est pas le moindre de leur mensonge. La fuite et la colère de nombre d’anciens dirigeants historiques ne fait que confirmer ce que j’affirme ici !
La CSMF ne porte aucun combat, aucune résistance, Les actes de ses dirigeants ont construit la loi de santé par la R.O.S.P, l’avenant 8 et par toutes les acceptations et le couvercle permanent posé sur toute contestation.
La CSMF est une vieille dame de son propre aveu, il est temps d’organiser sa retraite.

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