Qu’attendons nous, que voulons-nous ?

Jerome Marty

 

Jerome Marty

Qu’attendons-nous, que voulons-nous ?

Marisol Touraine a donc, à quelques heures d’un éventuel terme à son mandat, annoncé le lancement d’un programme de protection des soignants, ce qui est d’un cynisme absolu de la part d’une ministre qui n’a jamais montré la moindre empathie à l’égard d’un peuple soignant ignoré, brocardé, méprisé, rejeté !

La lecture du plan montre plus que jamais le décalage définitif entre l’avenue de Ségur et la base même du soin, les blouses blanches. 

 

Récemment, Marisol Touraine a annoncé avoir relevé le Numérus Clausus de 11,5 %, en fait 6,5 % si l’on tient compte de l’ensemble des facultés, (mais les chiffres pour Marisol Touraine ne sont que des briques avec lesquelles elle construit ses mensonges et ses manipulations).

La communication pour seule politique, 4 ans de politique, 4 ans de destruction organisée de nos métiers et de notre modèle sanitaire. 

4 ans de mise au pilori des médecins, ces salauds qui prescrivent trop et mal, qui ne s’installent pas, ou mal, qui ne se forment pas, qui construisent les inégalités d’accès au soin et augmentent les inégalités sociales en santé, médecins nantis, profiteurs, égoïstes, cupides, racistes parfois. Rien ne nous aura été épargné. 

Nous avons subi des attaques permanentes et des tentatives de déstabilisation orchestrées par les serviteurs parfois intéressés de l’idéologie : CISS, Santé Clair, FNMF, UFC Que Choisir et autres économistes encartés… Nous avons reçu des tombereaux de merde, et il n’est que le regard de nos patients pour nous renvoyer à ce que nous sommes vraiment et perpétuellement nous laver.

4 ans à vouloir détruire nos valeurs, les socles de nos engagements : notre liberté de soigner, notre indépendance de pratique, notre responsabilité individuelle, notre déontologie.

4 ans pour tromper certains d’entre nous au sein de contrats d’accès au soin, construits par et pour les organismes complémentaires, pour installer des contrats responsables comme autant de bombes à retardement au seul but de destruction du système solidaire.

4 ans pour imposer la mutuelle pour tous, installer le pouvoir assurantiel au sein des entreprises, piéger les salariés entre soins low cost, augmentation du reste à charge, nécessité de souscription à une sur-complémentaire et augmentation de la fiscalité.

4 ans pour lier les médecins et les soignants aux organismes assurantiels au sein d’un système où le payeur est désormais organisateur du soin…Est désormais maître du jeu celui qui organise.

4 ans pour ériger une base de données patients, cauchemar orwellien, où tout est là, disponible, et à la portée légalisée des demandes d’accès des assurances et autres sociétés privées.

4 ans pour rendre l’État responsable de la politique de santé, renforcer encore le pouvoir sans limite des ARS, et faire disparaître le statut privé de la Sécurité sociale voulu comme un bouclier protecteur par le Conseil national de la résistance, pour en faire un organisme qui veille à l’application des décisions de l’État.

4 ans à laisser pourrir la situation, à organiser la pénurie, à pénibiliser et appauvrir des professions, à détruire patiemment leur attractivité.

4 ans à alourdir les charges, bloquer ou diminuer les tarifs, imposer des normes intenables, augmenter les obligations.

4 ans à construire les déserts, sous couvert d’annonces de création de Praticien Territoriaux de Médecine Générale, de création de MSP et autres bourses d’engagement, 4 ans sans résultats autres que l’extension des déserts comme autant de métastases d’une folie dogmatique.

4 ans à caporaliser la médecine, à la rendre dépendante et aux ordres, à détruire la liberté de prescription et d’installation au sein d’une loi qui fait des ARS les responsables de la répartition homogène de l’offre.

4 ans à briser le colloque singulier par l’imposition d’un tiers payeur et influenceur.

4 ans à détruire le tissu hospitalier, à fragiliser les cliniques privées, à alimenter l’appétit des fonds de pensions, à centraliser et hypertrophier les structures, à industrialiser le soin, à protocoliser, procéduriser, déshumaniser, collectiviser, rationaliser. 

4 ans à effacer un système pour les remplacer par des Groupements Hospitalier hyperadministrés, outil du GOSPLAN étatique, à soumettre la médecine de ville aux équipes et aux oukases de ces nouveaux monstres.

4 ans à installer et multiplier des réseaux de soins, comme autant de cadeaux à des sociétés financières amies, à livrer l’optique, l’audio prothèse, les dentistes, les établissements de soin et demain les médecins au marché.

4 ans à élaborer et à construire le rêve de tout politique, une médecine encadrée, normée, aux ordres, faite de « libéraux » fonctionnaires sans statut, salariés sans avantage.

4 ans à mentir, 4 ans à détruire, et un bilan offert comme un marqueur de gauche !

4 ans à avoir le mensonge et le cynisme comme seule politique !  

Puissent ces quelques mots vous rappeler ce que nous avons vécu, ce que nous vivons, ce que nous vivrons.

Puissent ces quelques mots vous rappeler la réalité, le concret, le tangible le dur.

En ces temps de communications électorales où certains voudraient masquer ce bilan par des déclarations idéologiques péremptoires sur des programmes non encore aboutis au sein d’une campagne électorale non encore lancée, aux prétendants non encore tous nommés ou déclarés.

Le dur le concret, c’est ce qu’a fait Marisol Touraine : aucun ministre, aucun responsable politique n’a avant elle porté de plus graves atteintes à notre système de soin.

L’avenir peut toujours changer, le passé lui, est la marque indélébile des choix.

Que voulons-nous, qu’attendons-nous ?

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