Meilleurs Vœux 2018 !

marion ribeyreChers amis,

Entre premier virage interprofessionnel à l’association et création du syndicat de médecins, 2017 n’a pas été de tout repos pour l’équipe de l’UFML-asso, d’autant que nous étions également mobilisés sur d’autres fronts au quotidien, pour défendre nos valeurs, pointer les dérives du système, mettre en lumière la souffrance et la colère de ceux qui s’abîment à prendre soin de leurs congénères. Entre autres.

2017 a été une année charnière à bien des égards, un tournant, à défaut d’avoir transfiguré suffisamment le monde de la santé, pour que nous puissions tous retourner dans nos pénates soigner des gens gaillardement, au lieu d’être contraints de nous mobiliser encore.
Certes, nous avons vu avec joie notre chère Marisol Touraine retourner dans les siennes, et même quasi disparaître de la surface du globe… Certes, après moult tergiversations inutilement éprouvantes pour des soignants déjà bien à cran, il a finalement été décidé de surseoir quant à l’application de ce tiers-payant obligatoire pour tous qui nous aurait instantanément lié les mains…
[En aparté, ne boudons pas notre plaisir, nous nous sommes battus pour ça, tous ceux qui se sont levés y ont contribué].

Il y a bien eu quelques bonnes nouvelles encore (comme un règlement arbitral repoussé pour les chirurgiens-dentistes), mais à l’heure actuelle, nous n’avons aucune raison de croire que ce furent là les signes d’un miracle prochain, d’une prise de conscience généralisée dans le monde politique quant à l’importance des dégâts et des risques pour l’avenir, ou quant à la nécessité absolue de changer de regard et de voie tout autant que de méthode (pour cela, nous l’avons bien compris, Agnès Buzyn n’est pas tout à fait Marisol, et c’est fort heureux).
Au contraire, quelques « petits » signes nous font dire qu’on n’est pas sorti de l’auberge, comme, en vrac :
– La non-revalorisation des actes de l’ensemble des professionnels de santé (lettres-clé) et l’introduction de forfaits, les négociations conventionnelles n’ayant été pour tout le monde que distribution de poudre de perlimpinpin. On voit la pente sur laquelle on glisse, le paiement à l’acte de toute façon, « c’est dépassé ».
– Le passage en catimini pendant les fêtes de Noël d’un décret repoussant d’un an les revalorisation salariales prévues dans, entre autres, la fonction publique hospitalière. On peut rappeler que les paramédicaux à l’hôpital sont exsangues et fuient déjà ces postes à grandes enjambées ?
– L’obstination à vouloir accorder l’accès partiel aux professions de santé envers et contre tous (avec un projet de loi qui n’est qu’un copié-collé du précédent déposé par Marisol Touraine – mais déposé en procédure accélérée cette fois).
– La nomination toute récente d’un nouveau directeur de cabinet au ministère de la Santé, bien connu pour avoir été directeur adjoint au cabinet de… Marisol Touraine (2013/2016), mais aussi directeur du CHU de Toulouse (95 équivalents temps plein supprimés entre 2016 et 2017, 4 suicides en 18 jours en juillet 2016… paraît-il...).
J’en passe et des pires.

Nous serons donc toujours là en 2018.
Et nous espérons bien que vous aussi.

Nous avons posé les premières pierres d’une construction interprofessionnelle parce que nous pensons que l’union est la clé, que l’on ne peut appréhender le présent comme l’avenir du soin en France sans un regard global. Et c’est vous, vous qui soignez à l’hôpital, en clinique, en structure de soins, en libéral, quel que soit le métier que vous exercez, qui détenez chacun une part de la solution, une pièce du puzzle. Si nous parvenons à intégrer également le regard et le soutien de patients, alors nous serons plus forts et plus pertinents encore.
Nous allons continuer à nous battre oui, mais nous avons aussi fort à faire pour construire notre avenir : élaborer des propositions, être en mesure de contre-proposer lorsque c’est nécessaire, trouver des solutions aux problèmes quotidiens rencontrés sur le terrain, des solutions pour que soigner cesse de faire mal… Nous allons devoir aussi prendre les devants, anticiper : courir derrière le train est épuisant, tenter de l’arrêter est vain ; il faut être dedans.
Il faut nous pencher sur les grands enjeux des années qui viennent : santé connectée, protection de la vie privée, nouvelles technologies et préservation de l’éthique du soin, modèle économique…

L’UFML-asso a besoin de renforts, nombreux, et nous vous attendons.

Je reste à la disposition de tous ceux qui sentent une âme interprofessionnelle et veulent s’engager au sein de l’équipe active ou de groupes de travail pour en discuter.
Contact : président@ufml-asso.org

Je vous rappelle par ailleurs et à toutes fins utiles qu’il existe une adresse pour vos suggestions : jecontribue@ufml-asso.org

Je vous adresse les meilleurs vœux de l’UFML-asso, au nom de toute l’équipe, pour cette nouvelle année qui démarre, nous vous la souhaitons pétillante et heureuse, bouillonnante et chaleureuse ; restons debout et vigilants.

Marion Ribeyre – Présidente

 


Isabelle Le Croarer Luck

Madame la Ministre, Chère Consœur,

En 2013, j’adressais en vain à votre prédécesseur Madame Touraine, le vœu que le ministère de la Santé accepte d’écouter et de redonner souffle et confiance au monde médical français désemparé.
Ces vœux venant du terrain sont restés sans réactions et depuis 5 ans, tout a même empiré. La loi Touraine qui a fait de la santé une fonction quasi régalienne de par son article 1, ne donne pas aux soignants les moyens d’exercer en sérénité, elle ne règle pas le problème crucial de l’accès aux soins lié à la pénurie de soignants. Les décisions politiques de ces vingt dernières années portent le risque de dégrader l’excellence de la médecine française et de précipiter les catastrophes sanitaires. Il est temps de réagir !

Durant ce nouveau quinquennat qui se veut, on l’espère, en marche également vers la préservation de la qualité des soins et vers la restauration de la sérénité des soignants, peut-être serez-vous, Madame, ne serait-ce que parce que vous être médecin vous-même, plus attentive que Madame Touraine à soutenir cet engagement au service des patients conforme à la déontologie des soignants ? Les soignants français réclament qu’on leur donne enfin les moyens d’exercer dans un climat de confiance et d’humanité, qu’on leur rende l’honneur et le respect qui leur ont été peu à peu ôtés ces dernières années, qu’on les remotive à exercer ces belles professions délaissées aujourd’hui par les jeunes, qu’on les écoute tout simplement !

La vision comptable de ces vingt dernières années, obnubilée par les économies de santé et la réduction de la dette sociale de la France, administre, contrôle, réduit et formate le soin. Elle prend le pas sur les valeurs du soignant tant hospitalier que libéral, elle pousse à des cadences effrénées, démotivantes et épuisantes, de plus en plus incompatibles avec une mission sereine, humaine et consciencieuse auprès du malade. Les contraintes et la dévalorisation de la profession de généraliste, pourtant au cœur du système de santé, est un repoussoir pour la jeune génération, elle voit ses rangs vieillir et fondre. Certaines spécialités ne sont pas mieux loties, comme la gynécologie, la psychiatrie, la pédiatrie…

Depuis 5 ans, les citoyens français sont de plus en plus inquiets devant les files d’attente qui s’allongent aussi bien à l’hôpital qu’en cabinet, dubitatifs devant ces déserts médicaux qui s’étendent dans un pays dit développé, les valeurs de solidarité de notre sécurité sociale sont en péril devant la marchandisation du soin dont le profit enrichit davantage les financiers que ceux qui le dispensent.

En 5 ans, se sont aggravés la baisse démographique des soignants, la charge croissante de leur travail sans valorisation de leur dévouement, la paupérisation des honoraires à moitié des tarifs européens, le nombre d’incivilités et d’irrespect envers les médecins, les burn-out et les suicides dans ces professions qui n’ont plus les moyens de soigner selon leurs valeurs.

Ces 5 dernières années enfin, la profession n’a cessé d’être la cible des politiciens relayés par les médias, avec des phrases assassines la rendant fautive des difficultés d’accès aux soins, la discréditant, et proposant des avis irresponsables ou des injonctions de faire toujours plus avec encore moins. Elle a subi de la part de l’Assurance maladie des contrôles indécents pour suspicion de délit statistique, impuissante devant le droit pour les assureurs d’être, dans des tribunaux d’exception, juge et partie sur des décisions médicales individuelles. Elle regrette ce rôle qui outrepasse les compétences d’un assureur et qui rejette sur les seuls professionnels du soin la responsabilité de la gestion des cotisations des Français.

Votre challenge de Ministre de la santé est immense : redonner espoir à une génération sacrifiée de soignants et à sa relève, qui depuis 30 ans a encaissé ce qu’aucune profession n’aurait toléré !

Seul le dévouement d’une telle profession explique cette passivité, allié à l’aveuglement d’un syndicalisme dépassé et d’un autoritarisme administratif démesuré. Pourtant, les solutions existent dans les territoires et elles sont à votre portée pour inverser la vapeur, Madame la Ministre : les professionnels de santé vous souhaitent une année 2018 à leur écoute pour enfin sortir au plus vite de cette crise sanitaire.

Isabelle Luck – Secrétaire Générale

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