L’exemple suédois, l’exemple à ne pas suivre. Eclairage du Dr Jacob-Vestling

Le TPGO est la perte de notre indépendance, contraire à notre déontologie et à l’absence de conflit d’intérêts pour nos soins. Lisez, avec son accord, ce que m’écrit notre confrère suppléant au CDOM78 sur la dérive de la médecine suédoise dont l’actualité ressemble à l’histoire actuelle de notre système de santé français, avec sa PJ sur la disparition des maternités suédoises. C’est effrayant.

Bonjour Isabelle,

Faisant suite à notre conversation et à tes courriels, je t’adresse un court aperçu de ce qu’est devenue la médecine en Suède, pays souvent cité en exemple en France.

Cet aperçu n’est bien sûr pas exhaustif et je suis tout disposé à le compléter et à l’approfondir. La Suède est un pays que je connais très bien, j’y ai de la famille, m’y rends très régulièrement depuis plus de 30 ans, parle la langue, ai un diplôme de suédois médical et suis membre de la société de médecine de Suède.

L’exemple suédois, l’exemple à ne pas suivre.

Tout a commencé par le regroupement des cabinets médicaux et la disparition des cabinets privés…. Puis le paiement des médecins à la capitation, et donc la disparition du paiement à l’acte et un sentiment de gratuité pour les patients. Puis à la suite d’une loi parue en 2010 la responsabilité civile et pénale des médecins a été supprimée et en corollaire leur liberté de prescription a également été supprimée.

Les médecins sont salariés de grands groupes financiers ou des régions ou de structures collectives. Ils sont rémunérés par un salaire de base et des primes non pas liées à l’efficience mais au rationnement des soins. Moins ils prescrivent plus ils gagnent. Les protocoles de soins sont régionalisés et ne respectent pas les normes internationales dans le but unique de coûter le moins cher possible et ce au mépris de la santé de la population. Des petits potentats régionaux édictent des protocoles que les médecins sont tenus de suivre sous peine de sanctions financières. Ces protocoles sont basés sur des critères économiques et non pas médicaux. Ces potentats locaux sont des médecins grassement payés qui font fi de toute éthique. Deux exemples parmi tant d’autres : pas de recherche du streptocoque vaginal chez les femmes enceintes. : pas de prise en charge des « petits risques », pour une angine pas d’accès aux soins, le corollaire est la réapparition de rhumatismes articulaires aigus et leurs complications.

Les médecins généralistes ont totalement perdu la gynécologie au profit des maïeuticiennes. Les délégations de tâches sont légion au point que des infirmières réalisent des interventions chirurgicales, le nivellement par le bas se multiplie avec l’apparition de consultations d’aides-soignantes…

La télémédecine est en plein boom et c’est surtout le cas pour la « téléconsultation », les politiques y voient là le moyen de répondre à une demande de soin qui n’est pas couverte. En effet moins de la moitié de la population suédoise a accès à un médecin traitant. Mais dernière nouveauté, quand une personne appelle un « télémédecin », le prix de la téléconsultation (environ 70€) payé par l’assurance sociale à la structure de télémédecine qui est privée est retiré de l’enveloppe de capitation du médecin traitant…

Le reste à charge des patients est très élevé, environ 20€ par consultation ou téléconsultation avec des plafonds à plus de 400€. La gratuité aura donc été éphémère… Quant aux médecins le réveil des plus consciencieux est douloureux, la société médicale suédoise organise des séminaires d’éthique et évoque la nécessité pour les médecins de reprendre le pouvoir que les technocrates leur a pris, mais le dernier congrès sur ce sujet a dû être annulé du fait des pressions exercées par ces mêmes technocrates…. La population commence à réagir, des groupes se forment à l’image de Lappland Upproret (la révolte de Laponie). La semaine dernière l’ambassadeur de Suède en Islande a évoqué une dictature technocratique en parlant de son pays la Suède.

La médecine privée réapparaît timidement et bien sûr à la charge du patient…

La boucle est presque bouclée….

En France il est peut-être encore temps !!!

PS : en pièce jointe un article que j’ai traduit du suédois et qui montre la réalité du quotidien des suédois du nord. J’assume la totalité de ce que j’ai écrit, cela peut être publié.

Dr René Jacob-Vestling

Article à télécharger : Lettre-à-A-Strandhall

Isabelle Le Coarer

Secrétaire adjointe de l’UFML-asso

1 Commentaire
  1. DECOOPMAN Pierre 2 semaines Il y a

    Super la lettre sur la liberté tarifaire ; je ressens exactement la même chose, je n’aurai pas réussi à le faire aussi bien; j’ai moi_même écrit au Directeur de la CPAM du Hainaut, courrier adressé en copie au Ministère de la Santé (qui m’a répondu qu’elle adressé mon courrier à la CNAM), (je n’ai pas eu de retour du directeur de la CPAM locale, courrier adressé également au CNOM (…qui s’en tape) et aux journaux (généraliste, Quotidien du médecin), aucun retour…!!!! Donc petits MG de merde , vous pouvez crever… vos patients n’auront pas de successeurs…mais personne ne veut écouter vos signaux de détresse !

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Nous contacter

Vous pouvez nous écrire, nous vous répondrons dès que possible.

En cours d’envoi

Logo UFML 3342 150Siège social : 287 rue St Jacques - 75005 Paris

©2017

Share This

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?