Lettres ouvertes

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 Fronton le 20 Novembre  2016

Lettre ouverte à Monsieur François Fillon.

Monsieur le Premier ministre,

Vous êtes sorti vainqueur du premier tour des primaires de la droite et du centre.

La santé, sujet plébiscité par les Français, comme le montrent toutes les enquêtes, a été, une fois de plus, la grande absente des débats, même si vous avez su imposer ce sujet lors du dernier d’entre eux.

Les médecins et les soignants, comme les Français, mesurent chaque jour l’effondrement de notre système de santé. Baisse démographique, vieillissement professionnel, départs anticipés, recul des installations, épuisements, ne sont que les conséquences les plus visibles d’un système de santé organisé depuis des années sans l’expertise des médecins et des soignants, au sein d’une gouvernance administrative et d’une fausse démocratie sanitaire.

Loin de stopper cet effondrement, le gouvernement actuel l’a accéléré avec le vote d’une loi qui consacre à la fois l’étatisation du système de santé et son ouverture au marché.

Les valeurs de la médecine ont été foulées au pied, le secret médical bafoué, et la boîte de Pandore d’une exploitation sans éthique des données de santé des patients a été ouverte.

L’utilisation du Tiers Payant Généralisé dans les discours ne doit pas cacher l’absence de volonté d’aborder avec audace et courage la réforme de santé dont notre pays relève.

Nous attendons qu’animé par les valeurs humanistes que vous défendez, vous continuiez à faire en sorte que la solidarité nationale n’oublie personne au bord du chemin.

Nous vous demandons de maintenir le particularisme français, une médecine publique et libérale, source de qualité et de liberté pour chaque patient, et de toujours privilégier le soin avant les nécessités économiques du moment.

Nous avons perçu dans vos dernières prises de position que cela était possible.

Nous vous demandons, pour la médecine, pour les patients, pour la France, de vous rapprocher des médecins et des soignants et de porter la question du système de santé de demain à la place qui est la sienne tout au long des jours et des mois à venir.

Nous irons, médecins et soignants, à la rencontre des Français le vingt-quatre novembre à Paris et dans plusieurs villes de France: ces rassemblements d’union, pluri-professionnels, au-delà des oppositions factices trop souvent portées par l’administration, montrent la volonté des médecins et des soignants de prendre toute leur responsabilité dans le système de demain.

Nous vous demandons de l’audace et du courage, et par dessus tout, nous vous demandons la confiance.

Le système de santé de demain relève d’une gouvernance issue d’une véritable démocratie sanitaire qui fait le pari de la modernité sans écarter l’éthique et les valeurs de la médecine, seules garantes du maintien d’une médecine humaine.

Recevez, Monsieur le Premier ministre, l’expression de notre profond respect.

Pour l’Union Française pour une Médecine Libre,

Dr Jérôme Marty Président

*****

Fronton le 21 Novembre  2016

Lettre ouverte à Monsieur Alain Juppé.

Monsieur le Premier ministre,

Vous êtes arrivé hier soir en 2ème position du premier tour des primaires de la droite et du centre.

La santé, sujet plébiscité par les Français, comme le montrent toutes les enquêtes, a été, une fois de plus, la grande absente des débats.

Les médecins et les soignants, comme les Français, mesurent chaque jour l’effondrement de notre système de santé. Baisse démographique, vieillissement professionnel, départs anticipés, recul des installations, épuisements, ne sont que les conséquences les plus visibles d’un système de santé organisé depuis des années sans l’expertise des médecins et des soignants, au sein d’une gouvernance administrative et d’une fausse démocratie sanitaire.

Loin de stopper cet effondrement qui a débuté en 1996 avec la création de l’ONDAM, le gouvernement actuel l’a accéléré avec le vote d’une loi qui consacre à la fois l’étatisation du système de santé et son ouverture au marché.

Les valeurs de la médecine ont été foulées au pied, le secret médical bafoué, et la boîte de Pandore d’une exploitation sans éthique des données de santé des patients a été ouverte.

Vous avez soutenu dans la presse des propositions issues du New Deal de la Santé que nous proposions dès mars 2016 : respect de la liberté d’installation, liberté de prescription, libre fixation des honoraires, création d’un comité de professionnels de santé de terrain consulté sur les procédures et les changements administratifs, abrogation du Tiers Payant Généralisé. 

L’utilisation du Tiers Payant Généralisé dans les discours ne doit pas cacher l’absence de volonté d’aborder avec audace et courage la réforme de santé dont notre pays relève. Contrairement à M. François Fillon vous ne proposez pas l’abrogation de la loi de Santé ni de son article 1 qui fait de l’Etat le responsable de la politique se santé du pays et enlève aux soignants toute possibilité de peser sur les décisions sanitaires.

Vous avez déclaré lors du congrès de La Baule à propos de la réforme de l’Assurance Maladie que vous avez conduite en 1995 : «Je vous le dis aujourd’hui très sérieusement : oui, il y a eu des erreurs dans la conduite de cette réforme »  Nous ne nous sommes pas compris parce que nous ne nous sommes pas suffisamment parlé. Je ne recommencerai pas » et, désormais, « je prends le temps d’écouter »,

Nous vous demandons, pour la médecine, pour les patients, pour la France, de vous rapprocher des médecins et des soignants et de porter la question du système de santé de demain à la place qui est la sienne tout au long des jours et des mois à venir.

Nous irons, médecins et soignants, à la rencontre des Français le vingt-quatre novembre à Paris et dans plusieurs villes de France: ces rassemblements d’union, pluri-professionnels, au-delà des oppositions factices trop souvent portées par l’administration, montrent la volonté des médecins et des soignants de prendre toute leur responsabilité dans le système de demain.

Nous vous demandons de l’audace et du courage, et par dessus tout, nous vous demandons la confiance.

Le système de santé de demain relève d’une gouvernance issue d’une véritable démocratie sanitaire qui fait le pari de la modernité sans écarter l’éthique et les valeurs de la médecine, seules garantes du maintien d’une médecine humaine.

Recevez, Monsieur le Premier ministre, l’expression de notre profond respect.

Pour l’Union Française pour une Médecine Libre,

Dr Jérôme Marty Président

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